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La France Doit-Elle Plus Protéger les Joueurs ?
Le procès qui doit se bientôt se dérouler (l’audience prévu le 15 décembre a été repoussée) montrera si l’Etat français fait vraiment le nécessaire en matière de prévention de l’addiction ou si les messages qui accompagnent toutes les publicités ne sont finalement que du vent…
L’homme à l’origine de ce procès est un joueur originaire de Reims et âgé de 37 ans mais qui a souhaité rester anonyme. Accro aux jeux d’argent sous toutes ses formes (loto, casinos, paris sportifs, poker…) depuis qu’il a 20 ans, il n’a jamais pu se défaire d’une addiction que le psychiatre qui l’a examiné qualifie de « pathologie sévère dont il doit être protégé ».
Allant jusqu’à dépenser la moitié de son salaire et devant affronter les problèmes familiaux qui vont avec ce type de dépendance, l’homme avait fini par se faire inscrire sur le fichier des joueurs interdits de jeu tenu par le ministère de l'Intérieur. Ce fichier, riche de 36000 noms, comprend les joueurs qui souhaitent volontairement se faire interdire et les sites de jeux agréés en France doivent l’interroger avant d'autoriser l'inscription d'un joueur.
Seulement voilà, l’homme a pu continuer à jouer, et ce durant un an et demi, en raison d’une erreur technique : il aurait été inscrit comme habitant de la Haute-Marne et non de la Marne comme c’est réellement le cas.
Pour son avocat, Maître Emmanuel Ludot, « On a beau essayer de moraliser les sites de jeu en ligne, on sait tous qu'ils s'appuient sur l'addiction et la maladie des joueurs ». La défense compte ainsi argumenter que cette erreur a renforcé la névrose de son patient et c’est pourquoi il réclame aujourd’hui 100 000 euros de dommages et intérêts à l’Etat. L’affaire est, pour le moment, entre les mains du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne et nous ne manquerons pas de vous tenir au courant de son développement.






